Portrait de photographe Hamed Tabein

HAMED TABEIN

Hamed Tabein est un photographe iranien nouvellement installé avec sa famille à Montréal et ayant une approche documentaire de la photographie.

Il a notamment conduit depuis 2013 son projet « Smile of Afghanistan », témoignage de la vie des afghans aujourd’hui, bien loin des clichés de guerre et de bombes mais en essayant de les montrer d’une manière plus joyeuse et porteuse d’espoir. Hamed a aussi publié plusieurs articles sur la photographie dans divers magazines et vu ses œuvres exposées soit en solo ou encore dans le cadre d’expositions collectives autant ici qu’en Iran.

Hamed est également membre de FPJQ Fédération professionnelle des journalistes du Québec, de Photographers Without Borders (PWB) et de la Canadian Association for Photographic Art (CAPA).

Pour en savoir plus : www.hamedtabein.com

Argentique, numérique, Instagram : ça vous inspire quoi?
Toute technique m’aidant à me positionner dans la vie et communiquer ma réalité devient ma favorite. J’ai de beaux souvenirs liés à la photographie argentique, je fais maintenant du numérique et j’aime bien Instagram, à condition que personne ne pirate mon compte à nouveau!

Un accessoire photo indispensable ?
En premier, mon regard que j’essaie de garder vigilant. Puis une caméra et une lentille de type 24-70.

Votre meilleur conseil technique?
Les meilleures photos naissent encore et toujours d’une caméra, pas d’un ordinateur.

Avez-vous des rituels ou des astuces photographiques personnelles?
Sourire et faire son travail.

Provoquer ou saisir le moment?
Parfois on crée l’image, parfois on la saisie. En photographie documentaire, j’essaie de toujours coopérer avec le temps qui fait son travail et je fais simplement compléter l’instant en le capturant en photo.

Une photo inattendue?
J’aime bien les photos inattendues mais cela m’amène à penser que je ne suis pas en symbiose avec l’instant. De plus, mon travail manque d’harmonie dans ces situations imprévues où, finalement, je n’étais pas prêt à regarder.

Votre lumière favorite pour la photographie?
La lumière est ce qu’elle est, forte ou tamisée. Un photographe doit trouver la meilleure solution.

Êtes-vous studio ou extérieur, musique ou silence?
La plupart du temps extérieur et silence. Écouter l’environnement m’aide à mieux le regarder.

Vous aimez ou aimeriez mélanger la photographie avec quel autre art?
J’aimerais vraiment mélanger la photographie avec l’« art environnemental » ou le «land art ».

Retouches Photoshop : pour ou contre?
C’est correct comme un outil de corrections pour la photographie documentaire mais il faut savoir faire attention à ne pas manipuler l’image comme dans d’autres types de pratiques photographiques.

Trois mots qui évoquent Montréal?
Banque de photographies potentielles.

Votre saison favorite à Montréal?
Toutes!

Quel coin de Montréal aimeriez-vous (re)découvrir?
La rue Saint-Laurent

Un secret montréalais que vous aimeriez partager?
N’oubliez pas de déguster des mets iraniens.

Balade à pied, à vélo ou toujours en auto?
Je marche toujours pour prendre des photos.

Une lecture pour le transport en commun?
Je lis un roman nommé «Suicide in photo frame» par un auteur iranien.

Un personnage Montréalais que vous aimeriez photographier?
Céline Dion, Justin Trudeau, Jess Abran, Freda Guttman .

Montréal, une ville où il fait bon vivre?
Oui, même en hiver.

Une image/un souvenir de Montréal qui vous reste en tête?
La première image que je n’oublierai jamais est le sol blanc et le ciel noir lors de notre arrivée à Montréal le 1er janvier.

Le photographe, artiste ou artisan?
Le photographe est photographe; c’est un Robin des Bois dans une forêt temporelle et il peut très bien dépenser ses trésors dans l’art et l’artisanat.

Que pensez-vous de la proposition : l’art est un acte social?
Au contraire, je pense que c’est une réaction sociale.

L’acte photographique, toujours pertinent de nos jours?
La photographie est un cercle sans fin. Les intentions créatrices naissent de nos expériences et, selon moi, nous vivons tous plus ou moins les mêmes expériences mais dans des contextes différents. Toutefois, la technologie évolue mais c’est une problématique que les photographes ont toujours eu à gérer.

Un photographe qui vous inspire?
James Nachtwey, Don Mccullin, Robert Doisneau, Vivian Maier. Ou encore Aaron Siskind, Abbas et Reza Deghati.

Une expo photo inoubliable?
Steve McCurry à la Galerie Got en 2016.

Un travail de photographe qui traverse le temps?
Migrant Mother de Dorothea Lange.

Avec quel artiste montréalais aimeriez-vous collaborer?
Céline Dion

La Maison de la Photo de Montréal vous donne carte blanche; vous faites quoi?
Pour un projet par delà les frontières, j’aimerais proposer mon projet Smile of Afghanistan. Sinon, j’ai un autre projet nommé Montréal Big Family, qui est ancré ici.

Quelle est votre expérience du milieu photographique/artistique montréalais?
Ce n’est pas facile de gagner sa vie en tant que photographe mais il y a plusieurs concours alors je fais de mon mieux!

Avez-vous eu des mentors qui vous ont encouragé à persévérer dans le milieu ou avez-vous des photographes dont le parcours vous inspire? Qui sont-ils?
Depuis que je suis arrivé ici, je n’ai pas de mentor. Toutefois, j’aime découvrir des visions et perspectives différentes à propos de la photographie. J’aimerais quelqu’un comme Jeff Wall.

Sur quel projet(s) travaillez-vous en ce moment?
Mon projet actuel se nomme Montréal Big Family. Je photographie des gens provenant de diverses origines culturelles vivant à Montréal.

Comment votre travail reflète t’il vos origines?
Mon regard, mon attitude par rapport à la vie, mes conditions de vie, mes problèmes, ma culture iranienne … tous ces éléments se révèlent à travers mes images. La plupart du temps de façon inconsciente mais parfois voulue. Tout cela explique peut-être pourquoi je n’arrive pas à dire ce qui dans mon travail prend véritablement naissance dans mes origines iraniennes. Mais je peux parfois trouver des éléments comme des couleurs ou des expressions corporelles traditionnelles.

Un conseil à donner pour les photographes de la relève issus de la diversité culturelle?
Si vous désirez réaliser une vraie photo, il faut d’abord être vrai soi-même.

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