La Pointe – Jean-François Hamelin

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La Pointe
Jean-François Hamelin

Présentée en janvier 2017
Bistro culturel Espace La Fontaine

La photographie documentaire existe se distingue par une approche prônant un effacement du photographe au profit d’une image se voulant réaliste et tendant vers la neutralité. Les photos censées décrire avec exactitude des lieux ou circonstances datent des tous premiers essais de reportage au daguerréotype et au calotype des ruines du Proche-Orient, de l’Égypte et des zones de nature sauvage d’Amérique par l’archéologue John Beasly Greene qui s’est rendu en Nubie au début des années 1850 pour photographier les ruines de la région au fameux Migrant Mother signé Dorothea Lange, emblématique de l’époque de la Grande Dépression. Le projet La Pointe rejoint cette volonté de témoigner par l’image de l’histoire d’un lieu en mutation.

En entrant par la rue Centre ou Wellington, le photographe a arpenté la périphérie du quartier Pointe-Saint-Charles pour en examiner les frontières. Son intention était d’y documenter les éléments physiques constituants les frontières qui délimitent cet ancien village. Composée de clôtures, de murs, de talus et de voies ferrées, souvent recouverts de végétation ou dissimulés derrière les arbres, cette frontière nous semble invisible. Pourtant, elle est bien présente, tout le temps et partout. La géographie actuelle du quartier s’explique par des contraintes naturelles ainsi que par le lègue historique des vagues successives du développement industriel du sud-ouest de Montréal. En plus d’entourer « La Pointe », cette frontière divise le quartier en deux secteurs : au nord et au sud de la « track » comme on l’entend souvent dire ici.

« La Pointe aborde, sous forme de séquence narrative, la question de l’identité collective et la persistance de la communauté à l’ère de l’uniformisation du développement urbain.  Elle met en relief la notion d’isolement, la volonté et l’incapacité d’y échapper. Elle s’interroge sur l’influence de l’environnement sur les habitants en envisageant, face à des forces externes, le possible effritement d’un fragile tissu social. » – Jean-François Hamelin

Explorer le paradoxe de la frontière, élément protecteur et vecteur d’exclusion, ainsi que son omniprésence dans Pointe-Saint-Charles constitue la genèse de ce projet. Le spectateur est appelé à déambuler dans le quartier en suivant un itinéraire et un narratif établis par la séquence photographique. En plus de croiser des individus, d’en visiter certains lieux ou encore de porter son attention sur certains détails, il est constamment confronté aux éléments qui composent les barrières physiques situées au périmètre de La Pointe. Ce dispositif fait écho à l’influence psychologique que ces éléments exercent sur les résidents du quartier. Certaines images, plus subtiles, laissent entrevoir des failles ou des ouvertures dans le périmètre, métaphore d’une potentielle sortie, d’un possible échappatoire.

JEAN-FRANÇOIS HAMELIN
Né en 1982, Jean-François Hamelin vit et travaille à Montréal où il partage son temps entre ses projets photographiques et l’enseignement. Il reçoit, lors de sa formation en architecture à l’Université de Montréal (2007), une bourse de l’Institut royal d’architecture du Canada. Poussé par les possibilités d’analyse et d’interprétation offertes par le médium photographique, il entreprend des études en photographie à l’Université Concordia pour lesquelles il y obtient une bourse d’excellence académique.  Le travail photographique de Jean-François aborde le territoire contemporain québécois dans une perspective large.

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